Bruges : de si vieilles pierres ?

Attention, les informations contenues dans cet article vont casser un mythe : celui de Bruges, ville médiévale « dans son jus ».

Les plus perspicaces auront remarqué que les gravures ou mêmes les cartes postales anciennes ne montrent pas les mêmes batiments que ce que l’on peut voir aujourd’hui. Bien sûr les édifices incontournables (ceux liés à la vie civile et à la vie religieuse notamment) sont toujours les mêmes mais ce n’est pas le cas pour les constructions moins emblématiques.

  • Le quai du Rosaire est le fruit des architectes des années 30 (1930).
  • Le pont Saint-Boniface n’est pas le pont le plus ancien de Bruges. La patine sur les pierres induit en erreur et le pont date de 1910.
  • Les statues de l’hôtel de ville datent des années 60.
  • Les constructions qui bordent la place du Markt datent d’un siècle à peine. Elle furent érigées entre 1920 et 1930 pour la plupart.

Historiquement et jusqu’à la fin du 17ème siècle, les bâtiments étaient construits en bois et en chaume. Par le suite, le bois a été interdit sur les façades afin de lutter contre le risque d’incendies. Certaines constructions se sont alors parées de briques ou de pierre par dessus leurs structures traditionnelles alors que les nouvelles constructions ont été construites en dur.

Il reste cependant quelques édifices qui ont survécu (notamment au 90 vlamingstraat et au 7 Genthof avec des constructions du 16ème et 15ème siècle).

Aujourd’hui, Bruges montre surtout des constructions de la fin du 19ème siècle de style néogothiques et du début du 20ème siècle de style Arts & Crafts. Quand au style architectural de la vile avec façades de briques, pignons à redents et arcs filigranés, il puise ses sources au 15ème, 16ème et 17ème siècle. On doit sa conservation à des passionnés (des antiquaires et des anglais) qui voulurent préserver cette architecture.

Plus tard, avec les guerres du 18ème et 19ème siècle qui secouèrent l’Europe, les Flandes furent pillées et de nombreux trésors et pièces artisanales historiques furent revendues, notamment en Angleterre. Alors, quand vint au 19ème siècle des volontés de modernisation de la ville, les autochtones et les amoureux du style brugeois donnèrent de la voix et empêchèrent Bruges de se transformer comme les grandes villes d’Europe ont pu l’être. Si Bruges devait être rénovée, elle le serait en perpétuant le style architectural local.

C’est pourquoi, aujourd’hui encore dans les constructions/rénovations, l’oeil exercé devine le mélange entre éléments actuels et éléments médiévaux qui perpétuent le style architectural brugeois et contribuent à l’homogénéité de l’ensemble.



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